LOGO église et histoire

Saint Victor de Marseille



Dernière mise à jour
le 05/11/2019

Plan du site
Retour à la liste des saints

VitrailBaie numéro 02
Fête 21 juillet, fête locale
Mortvers l'an 290
Saints contemporains
NomNaissanceMortFonction
saint Mauricevers l'an 287
sainte Philomènevers l'an 300

Il aurait accompli une brillante carrière d’officier s’il n’avait pas refusé de renier le Christ. Arrêté, il fut traîné sur le dos dans les rues de Marseille, afin de permettre au peuple de l’accabler d’outrages grossiers et de coups. Reconduit en prison, il convertit ses gardiens, Longin, Alexandre et Félicien, qui furent tous trois décapités, tandis que Victor fut broyé sous une meule à l'entrée des bains publics.

Victor fut très probablement évêque de Marseille. Il n’y a pas à s’étonner qu’à ce titre il fût particulièrement visé, car l’historien Eusèbe de Césarée évoqua ainsi le début de la persécution, en l’an 303 : « On détruit les églises jusqu’à leurs fondations, on jette les Écritures au feu, on proclame déchus ceux qui sont revêtus de quelque fonction, et peu après on ordonne de livrer partout aux fers les chefs d’Église, puis de les forcer à sacrifier. :» Les évêques furent les premiers visés.

Le 8 juillet 303 ou 304, le préfet Euticius siégeait au tribunal à Marseille, quand on lui présenta un soldat nommé Victor remarqué pour son effronterie. Il ne voulait plus percevoir sa solde et il clamait qu’il était chrétien. À cette annonce, le préfet demanda à Victor : « Pourquoi n’acceptes-tu pas la solde habituelle ? :» Victor lui répondit : « Parce que désormais, je ne veux plus militer dans le siècle. :» Le préfet Euticius lui dit : « Victor, sacrifie ! :» Victor lui répondit : « Je ne sacrifie pas aux faux dieux. :»

Il devint le patron principal du sanctuaire où il est enterré. Ce sanctuaire est maintenant une église paroissiale. Victor y est vénéré en un lieu où la piété médiévale a vénéré aussi la sainte Vierge Marie parce qu’elle y a prié pour que les martyrs soient fidèles à leur foi et la confessent devant leur juge, d’où son titre de Notre-Dame-de-Confession.

Saint Victor est mort à Marseille en 303 ou 304.

Vers l’an 290. L’empereur Maximien, les mains encore fumantes du sang de la légion thébéenne, et de celui de plusieurs autres martyrs, qu’il avait répandu dans différentes provinces des Gaules, vint à Marseille, où il y avait une église aussi nombreuse que florissante. Son arrivée remplit de crainte les fidèles qui la composaient. Dans cette consternation générale, un officier chrétien nommé Victor, allait durant la nuit, de maison en maison, visiter les frères, pour les exhorter au mépris de la mort, et pour leur inspirer le désir des biens éternels.

Ayant été surpris dans une action si digne d’un soldat de Jésus-Christ, on le conduisit devant les préfets Astérius et Eutychius. Ceux-ci lui représentèrent le prétendu danger qu’il courait, et lui dirent qu’il y avait de la folie de s’exposer à perdre le fruit de ses services avec la faveur du prince en adorant un homme mort. C’était ainsi qu’ils appelaient Jésus-Christ. Victor leur répondit qu’il renonçait à tous les avantages dont il ne pourrait jouir qu’en devenant infidèle à Jésus-Christ, le Fils éternel de Dieu, qui avait daigné se faire homme pour notre salut, mais qui s’était ressuscité lui-méme après sa mort, et qui régnait avec son Père céleste, auquel il était parfaitement égal en toutes choses. Cette réponse excita, partout des cris tumultueux d’indignation et de rage ; mais comme le prisonnier était un homme de qualité, on l’envoya à l’Empereur. L’air furieux de Maximien ne fut point capable d’ébranler la constance de Victor. Le prince voyant ses menaces inutiles, lui fit lier les pieds et les mains, et ordonna qu’il fût traîné par les rues de la ville, pour y être exposé aux coups et aux insultes de la populace. Il n’y avait point de païen qui ne s’empressât de témoigner son faux zèle, en lui faisant quelque indignité. On se proposait par-là d’intimider les chrétiens ; mais le courage du martyr les remplissait d’une nouvelle ardeur.

Victor fut ramené, tout couvert de sang, devant les préfets, qui, le croyant moins ferme après ses souffrances, se mirent à blasphémer notre sainte Religion en sa présence, et à le presser de nouveau d’adorer leurs dieux : mais le martyr, que l’Esprit-Saint fortifiait intérieurement, se montra plein de mépris pour les idoles qu’on voulait lui faire adorer. « Je méprise vos dieux, dit-il, et je confesse Jésus-Christ ; ainsi vous pouvez me condamner à tels supplices que vous voudrez. » Il s’éleva une contestation entre les préfets sur le choix des tortures. Comme ils ne purent s’accorder ensemble, Eutychius se retira, laissant le prisonnier entre les mains d’Astérius. Celui-ci ordonna qu’on l’étendit sur le chevalet, où il fut tourmenté long-emps. Victor, les yeux levés au ciel, demandait la constance qu’il savait être un don de Dieu. Jésus-Christ lui apparut une croix à la main, et le consola en l’assurant qu’il souffrait dans ses serviteurs, et qu’il les couronnait après la victoire. Cette vision adoucit merveilleusement le sentiment de ses douleurs. Enfin, les bourreaux étant las, on le détacha de dessus le chevalet. pour le mettre dans un noir cachot.

A minuit, Dieu le visita par le ministère de ses anges. La prison fut remplie d’une lumière plus brillante que celle du soleil, et le martyr chantait avec les esprits célestes les louanges du Seigneur. Trois soldats chargés de garder la prison, furent si frappés de cette lumière miraculeuse, que venant se jeter aux pieds de Victor, ils lui demandèrent pardon, et le prièrent de leur accorder la grâce du baptême. Leurs noms étaient ALEXANDRE, LONGIN et FELICIEN. Le Saint, après les avoir instruits, autant que la circonstance put le lui permettre, envoya chercher des prêtres la nuit même. Ils allèrent tous ensemble au bord de la mer, et revinrent à la prison lorsque les nouveaux convertis eurent été baptisés. Victor leur servit de parrain.

Le lendemain matin, l’Empereur apprit tout ce qui s’était passé. Transporté de rage, il envoya chercher le Saint avec les trois gardes, et les fit amener au milieu de la place publique. Le peuple accabla Victor d’injures, et voulut l’obliger à faire rentrer les nouveaux convertis dans le paganisme ; mais il répondit qu’il ne pouvait détruire ce qui était bien fait ; puis se tournant vers les gardes, il leur dit : « Vous êtes toujours soldats, combattez avec courage, Dieu vous donnera la victoire. Vous appartenez à Jésus-Christ ; soyez-lui fidèles. Une couronne qui ne se flétrira jamais vous est préparée. » Alexandre, Longin et Félicien persévérèrent dans la confession de Jésus-Christ, et furent décapités par l’ordre de l’Empereur. Victor, saintement jaloux de leur bonheur, demandait avec larmes de leur être bientôt réuni dans la gloire. Ayant été de nouveau exposé aux insultes de toute la ville, et cruellement frappé avec des bâtons et des courroies, il fut reconduit en prison.

Trois jours après, l’Empereur le fit reparaître devant son tribunal, et lui ordonna d’adorer une idole de Jupiter qu’on avait mise sur un autel avec de l’encens. Victor, saisi d'horreur, pousse l’autel avec son pied et le renverse ainsi que l’idole. Le prince, pour venger ses dieux, lui fait aussitôt couper le pied. Le soldat de Jésus-Christ souffre avec joie, et offre à Dieu les prémices de son sang. Quelques moments après, Maximien commande qu’on le mette sous la meule d’un moulin, et qu’on l’y écrase ; mais la machine qui faisait tourner le moulin s’étant cassée, on le retira presque mort et les os tout brisés, après quoi on lui trancha la tête. Son corps ainsi que ceux d’Alexandre, de Longin et de Félicien, furent jetés dans la mer ; mais les chrétiens les trouvèrent sur le rivage où ils avaient été poussés, et les enterrèrent dans une grotte taillée dans un roc. L'auteur des actes de ces saints martyrs ajoute : « Ils ont été honorés jusqu’à ce jour par plusieurs miracles. Ceux qui réclament leur intercession obtiennent beaucoup de grâces de Dieu et de notre Seigneur Jésus-Christ. »

Dans le cinquième siècle, Cassien (1) bâtit près du tombeau de saint Victor un monastère qui reçut depuis la règle de saint Benoit. Il a été sécularisé par une bulle de Clément XII, datée du 16 des calendes de Janvier de l’année 1739, mais fulminée et publiée seulement à Marseille dans l’église de Saint-Victor le 8 Octobre 1743, sous le pontificat de Benoît XIV. Les reliques du saint martyr se gardent dans l’église de cette maison, laquelle est une des plus anciennes de la France, et une des plus riches en monuments de Saints qui ont illustré les premiers temps du christianisme. On en transporta une portion à Paris, et on la déposa dans une chapelle bâtie en l’honneur de saint Victor. Cette chapelle ayant été agrandie sous le règne de Louis VI, servait d’église à un monastère royal de chanoines réguliers qui y fut fondé, et qui porte encore aujourd’hui le nom de son glorieux patron(1). Voyez les vrais actes de saint Victor, qui ne sont pas indignes de ia plume de Cassien, auquel ils ont été attribués, mais sans fondement , par quelques auteurs. Bosquet les a publiés dans le quatrième livre de son Histoire de l’église de France, p. 152. Voyez Tillemont, t. IV ; Ceillier, t. III, p. 366; Cuper, Act. Sanctor. t. V, Julii, p. i35 ; Fleury, 1. 8, n. 20 ; Rivet, Hist. litt. de la Fr. t. II, p. 231, et la

Note

(1) On peut consulter l'Histoire des grands hommes du monastère de Saint-Victor,à Paris, t.1, p. 120, etc. C’est un manuscrit en 7 tomes, reliés en 6 vol. in-folio, qui se garde dans la bibliothèque de Saint-Victor, et qui a été composé par le P. Gourdan, chanoine régulier de la même maison.

L’abbaye et l'institut de Saint-Victor de Paris doivent leur naissance à Guillaume de Champeaux, archidiacre de la même ville. C’était un homme d’une piété rare et d’un savoir extraordinaire. Après avoir enseigné la rhétorique et la théologie, avec beaucoup de réputation, dans le cloître de la cathédrale de Paris, il se retira auprès de la petite chapelle de Saint-Victor, qui, dans ce temps-là, était hors de la ville : là, s’étant associé quelques ecclésiastiques pleins de ferveur, il vécut dans une grande retraite, dans l’exercice d’une prière continuelle, et dans la pratique de toutes les austérités de la pénitence. Il ne se nourrissait , avec sa communauté, que de pain, d’herbes et de racines assaisonnées avec un peu de sel. A la sollicitation de l’évêque de Paris, et de plusieurs autres personnes distinguées, il reprit ses leçons de théologie, qu’il paraît avoir continuées à Saint Victor , selon le P. Gourdan. C’est pour cela que Rollin appelle ce monastère 1e berceau de l’université de Paris. Il fut fondé par Louis VI, Roi de France. Gilduin le gouvernait en qualité d’abbé, tandis que Guillaume de Champeaux y enseignait la théologie. Ce dernier fut sacré évêque de Châlons-sur-Saône, en 1113, et mourut en 1121. Il fut enterré à Clairvaux, comme il l’avait demandé, par saint Bernard, qui avait reçu de ses mains la bénédiction abbatiale.

L’abbaye dont nous parlons a produit plusieurs grands hommes, entre autres Hugues et Richard de Saint-Victor.

Hugues, né dans le territoire d’Ypres, en Flandre, se retira parmi les chanoines réguliers de Saint-Victor, en 1115. Il devint prieur de cette maison, et y enseigna la théologie depuis l'an 1130 jusqu’à sa mort, arrivée en 1142. Ses ouvrages ont été imprimés en 3 volumes in-fol. On trouve dans le premier des notes littérales et historiques sur l’Écriture ; à la suite sont des notes mystiques et allégoriques sur les mêmes livres sacrés, lesquelles ont pour auteur un chanoine régulier de Saint-Victor, postérieur à Hugues. Le second tome contient les œuvres spirituelles de notre auteur : les soliloques de lâme, l'éloge de la charité, un discours sur la manière de prier, un autre discours sur l'amour qui est entre l'épouse et son bien-aimé, quatre livres sur la vanité du monde, cent sermons, etc. Il y a dans le troisième tome des traités théologiques, dont les principaux sont les deux livres des sacrements.

On appelait Hugues de Saint-Victor, un second Augustin, ou la langue de ce grand docteur. Il en avait effectivement l'esprit, les sentimetns et le style.

Ses notes sur la règle de saint Augustin, t. II, sont excellentes ; on estime aussi beaucoup celles qu'il a faites sur le Décalogue.

Les personnes religieuses qui tendent à la perfection de leur état, liront avec fruit le livre de Claustro animæ. On y voit jusqu'à quel point de sévérité la discipline s'observait alors dans les monastères. Cet ouvrage a pour auteur, non Hugues de Saint-Victor, mais Hugues Foliet, pieux et savant chanoine régulier du même ordre, qu'on élut malgré lui abbé de Saint-Denis de Rheims, en 1149. Voyez Mabillon, Analect., t. I, p. 113, et Annal. 1. 77, p. 141 ; Martène, Anecd. t. V, p. 887 ; Ceillier, t. XXII, p. 200-224.

Richard de Saint-Victor, disciple de Hugues, était Ecossais. Il fut fait prieur de son monastère en 1164, et mourut en 1173. Ses œuvres, qui composent 2 volumes in-folio, ont été imprimées plusieurs fois. La meilleure édition que nous en ayons, est celle qui parut à Rouen en i65o. On reproche à cet auteur d'être trop diffus dans ces commentaires sur les livres saints. Ses traités théologiques sont exacts. Ses ouvrages sur la contemplation et sur les vertus chrétiennes, sont écrits d’un style simple et négligé ; mais on y trouve les règles les plus sublimes de la vie intérieure.

Le recueil des maximes spirituelles, que le P. Gourdan a tirées des écrits et des dits de ces grands hommes, montre qu'ils possédaient ces lumières, cette sagesse, cette connaissance des voies de Dieu, cet esprit de foi, de mortification, de prières et de charité qui caractérisent les Saints.

Le P. Simon Gourdan, cité plusieurs fois dans notre ouvrage, mérite que nous le fassions connaître, ainsi que ses ouvrages. Il naquit à Paris le 24 Mars 1646, et entra le 25 Février 1661 à l’abbaye de Saint-Victor, où il mourut le 10 Mars 1729, à l'âge de 83 ans. Il fut durant sa vie un modèle de toutes les vertus religieuses. Son attachement inébranlable à la doctrine de l’Église, lui attira des persécutions de la part de ses confrères , qui ne pensaient pas comme lui ; mais il les supporta avec une patience héroïque. Il sut allier une extrême fidélité à I’accomplissement de tous ses devoirs, avec 1'amour de l'étude. Il composa un grand nombre d’ouvrages qui respirent une tendre piété. Voici la liste des principaux.

  1. Le sacrifice perpétuel de foi et d'amour au très-saint Sacrement, par rapport aux mystères et aux différentes qualités de notre- Seigneur Jésus-Christ. Ce livre a eu beaucoup de cours, ainsi que le suivant.
  2. L'idée de l'esprit du sacrifice.
  3. Méditations continuelles de la loi de Dieu. On promettait douze volumes de cet ouvrage ; mais tous n'ont pas été donnés au public.
  4. Traduction nouvelle du Cantique des Cantiques, qui n’a point été imprimée.
  5. Un grand nombre d'hymnes et de proses
  6. . L’auteur composa ces hymnes pour achever l’exécution du projet que Santeuil avait conçu. On remarque dans plusieurs un vrai talent pour la poésie. Entre les proses, on doit distinguer celles de saint Augustin.
  7. Des opuscules, qui contiennent la dévotion au sacré Cœur de Jésus, avec un office pour cette fête ; Avis charitable aux femmes et aux filles sur leur nudité d'épaules et de gorge, imprimé en 1688 ; des prières, des méthodes spirituelles, etc.
  8. Les vies et les maximes saintes des hommes illustres qui ontfleuri dans l'abbaye de Saint-Fïctor, avec les éloges que leur ont donnés les plus célèbres auteurs ecclésiastiques
  9. , 7 tomes reliés en 6 vol. in-fol. Quoique cet ouvrage, qui n’a jamais été imprimé, manque quelquefois de critique, il est cependant rempli de recherches curieuses et importante. L’auteur, après avoir traité dans le premier volume de l’origine de l’ordre des chanoines réguliers, parle dans le second de la fondation de l’abbaye de Saint-Victor, et des principaux cardinaux et évêques qui en ont été tirés. Il fait connaître Guillaume de Champeaux, Hugues, Adam et Richard de Saint-Victor ; suit une chronologie raisonnée des prieurs tant de l’abbaye que des bénéfices dont elle est la mère. On distingue parmi eux Gilduin, Nicolas Grenier et Jean Bordier. Le P. Gourdan n’oublie point les bibliothécaires de sa maison qui se sont rendus célèbres, tels que Claude de Grand-Rue, Jean Picard, Eustache de Blémur, Charles le Tonnelier. On trouve dans les volumes 3 et 4 la notice des ecclésiastiques du premier et du second ordre qui se sont retirés à Saint-Victor ; l’histoire des maisons de la congrégation répandues dans le royaume, et celle de ses affiliations avec diverses communautés religieuses ; il est traité ensuite des bienfaits dont nos Rois, et d’autres personnes à leur exemple, ont comblé l’abbaye. Le cinquième volume renferme les témoignages des conciles, des Papes vie du Saint par le P. Gourdan. Ce dernier auteur a donné encore l’histoire de plusieurs miracles opérés par Cintercession de saint Victor, avec un recueil d'hymnes et de prières composées en son honneur, ainsi que plusieurs autres monuments qui concernent la vie du même Saint. Hist. Ms. des grands hom. de Fabbaye de Saint-Victor de Paris, t. VI. Voyez aussi Oudin,de Scriptor. Eccles, t. II, p.1138.
Retour

Sources
  • Nominis
  • Vies des pères des martyrs et des autres saints écrit en anglais par Alban Butler traduit par l'abbé Godescard chanoine saint Honoré 1784